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MEGADETH : discographie complète, histoire et évolution du groupe culte du thrash metal

  • Photo du rédacteur: Maxime Lhuilier
    Maxime Lhuilier
  • il y a 2 jours
  • 10 min de lecture
Megadeth discographie

Fondé en 1983 à Los Angeles par Dave Mustaine, Megadeth est né d’une colère. Celle d’un musicien évincé de Metallica, décidé à créer un groupe plus rapide, plus technique et plus agressif que tout ce qui existait alors. Quarante ans plus tard, Megadeth s’impose comme l’un des piliers absolus du thrash metal, membre du légendaire “Big Four” aux côtés de Metallica, Slayer et Anthrax.


Avec une discographie riche de 17 albums studio, Megadeth a traversé les modes, les crises internes, les changements de line-up et les évolutions du metal, sans jamais perdre son identité : riffs tranchants, solos virtuoses, paroles politiques et vision cynique du monde.


Alors que le groupe s’apprête à publier son ultime album fin janvier, retour complet sur une discographie aussi inégale que passionnante, reflet d’un parcours chaotique mais essentiel dans l’histoire du metal.


PARTIE I – 1985–1990

La naissance de Megadeth : colère, chaos et génie brut


Killing Is My Business… And Business Is Good! (1985)


Megadeth discographie

Megadeth naît officiellement d’une vengeance artistique. Viré de Metallica en 1983, Dave Mustaine jure de créer un groupe plus rapide, plus violent et plus technique. Dès le départ, le nom Megadeth — détournement du terme militaire megadeath — annonce la couleur : destruction massive et nihilisme.


Le premier album est enregistré avec un budget dérisoire alloué par Combat Records. Problème : une partie de l’argent est littéralement dépensée en alcool et drogues, ce qui oblige le groupe à assurer lui-même une partie du mixage. Résultat : une production crue, parfois brouillonne, mais qui renforce paradoxalement l’agressivité du disque.


Musicalement, l’album est un déferlement de thrash primitif : tempos effrénés, riffs saccadés, solos frénétiques. Le titre “Mechanix” est particulièrement symbolique : il s’agit de la version originale d’un morceau écrit par Mustaine avant son éviction de Metallica, qui deviendra plus tard “The Four Horsemen”.


Killing Is My Business… est imparfait, excessif, mais pose immédiatement les bases idéologiques et musicales de Megadeth : la vitesse comme arme et la rancœur comme moteur.


Peace Sells… But Who’s Buying? (1986)


Megadeth discographie

Avec ce deuxième album, Megadeth passe un cap décisif. Le groupe bénéficie d’un meilleur budget, d’une production plus solide et surtout d’une vision plus claire. Les compositions gagnent en structure, sans perdre leur mordant.


Le morceau “Peace Sells” devient rapidement emblématique, notamment grâce à son intro de basse signée David Ellefson, devenue mythique. Le titre est utilisé par MTV pour illustrer ses émissions d’actualité, offrant au groupe une visibilité inédite dans le monde du metal.


Les paroles marquent aussi une évolution : Mustaine s’éloigne de la simple provocation pour aborder des thèmes politiques, sociaux et médiatiques, avec sarcasme et cynisme.


Megadeth commence à se distinguer nettement de ses pairs par un discours plus frontal, parfois dérangeant.


Peace Sells… installe Megadeth comme une force majeure du thrash metal et l’un des groupes les plus intelligents de la scène.


So Far, So Good… So What! (1988)


Megadeth discographie

Cet album est sans doute l’un des plus chaotiques de la discographie du groupe — autant musicalement que humainement. La période est marquée par une consommation massive de drogues, des tensions internes et une instabilité chronique.


La production est confiée à Paul Lani, mais le processus est compliqué, fragmenté, souvent interrompu. Le résultat est un disque plus sombre, plus lourd, parfois déséquilibré, mais profondément malsain dans son atmosphère — ce qui lui donne aujourd’hui un statut particulier.



On y trouve pourtant des titres marquants comme “Set the World Afire” ou “In My Darkest Hour”, ce dernier ayant été écrit par Mustaine après la mort de Cliff Burton, ancien bassiste de Metallica, révélant une facette plus introspective du compositeur.


Longtemps sous-estimé, So Far, So Good… So What! est aujourd’hui vu comme un album charnière, reflet d’un groupe au bord de l’implosion mais toujours animé par une créativité féroce.

Rust in Peace (1990)


Megadeth discographie

1990 marque un tournant historique. Dave Mustaine décide de repartir sur des bases saines et recrute deux musiciens qui vont transformer Megadeth : Marty Friedman, guitariste au style mélodique et exotique, et Nick Menza, batteur à la frappe précise et inventive.


Le résultat est Rust in Peace, souvent cité comme l’un des sommets absolus du thrash metal. Chaque morceau est travaillé avec une précision chirurgicale. Les structures sont complexes, les riffs mémorables, les solos virtuoses mais toujours au service de la composition.


Des titres comme “Holy Wars… The Punishment Due”, “Hangar 18” ou “Tornado of Souls” deviennent instantanément légendaires. L’album aborde des thèmes géopolitiques, religieux et militaires, renforçant l’image d’un Megadeth à la fois technique et intellectuellement engagé.


Rust in Peace n’est pas seulement un classique : c’est l’album qui définit Megadeth pour l’éternité.




 PARTIE II – 1992–1999

Gloire mondiale, MTV et le virage mélodique de Megadeth


Après Rust in Peace, Megadeth n’est plus seulement un groupe culte : il devient une machine commerciale potentielle. Le début des années 90 marque un tournant majeur pour le metal, entre explosion du grunge, montée du metal alternatif et pression accrue des labels pour produire des albums plus accessibles. Megadeth va alors faire des choix déterminants, parfois brillants, parfois controversés.


Countdown to Extinction (1992)


Megadeth discographie

Avec Countdown to Extinction, Megadeth franchit un cap historique. L’album est volontairement moins rapide, plus structuré, avec des refrains mémorisables et une production ultra-léchée signée Max Norman. Ce choix n’est pas anodin : le thrash metal commence à perdre de sa domination face à de nouvelles tendances, et le groupe veut élargir son audience.


Le pari est gagnant. L’album devient le plus gros succès commercial de Megadeth, porté par des titres emblématiques comme “Symphony of Destruction”, “Sweating Bullets” ou le morceau-titre. Les textes, toujours politiques, s’attaquent à la manipulation des masses, à la guerre et à la paranoïa collective.


Anecdote notable : “Symphony of Destruction” devient un hymne en concert, avec des milliers de fans scandant le célèbre “Megadeth! Megadeth!” sur le riff principal — un moment désormais indissociable de l’histoire live du groupe.


Countdown to Extinction prouve que Megadeth peut être accessible sans se renier.

Youthanasia (1994)


Megadeth discographie

Sorti dans un contexte radicalement différent — le grunge domine désormais les charts — Youthanasia pousse encore plus loin l’approche mélodique. Les tempos ralentissent sensiblement, les riffs gagnent en lourdeur et les structures deviennent plus simples.


L’album est enregistré avec une attention particulière portée aux harmonies vocales et à la lisibilité des morceaux. Dave Mustaine assume pleinement cette direction, même si elle divise une partie des fans de la première heure.


Les thèmes abordés sont plus introspectifs et sombres : suicide des jeunes, pression sociale, désillusion. Musicalement, Megadeth sonne plus mature, moins agressif, mais aussi plus mélancolique.


Youthanasia est souvent perçu comme un album “posé”, mais il reflète surtout une évolution logique dans un paysage musical en pleine mutation.


Cryptic Writings (1997)


Megadeth discographie

À la fin des années 90, Megadeth cherche clairement à séduire un public encore plus large. Cryptic Writings adopte une approche plus hard rock, parfois même radio-friendly, tout en conservant l’identité du groupe.


Le single “Trust” devient l’un des plus gros succès du groupe, tandis que “Almost Honest” ou “She-Wolf” montrent que Megadeth n’a pas totalement abandonné ses racines métalliques.


En interne, les tensions commencent à apparaître. Marty Friedman, de plus en plus frustré par l’orientation musicale du groupe, peine à trouver sa place dans un processus créatif dominé par Mustaine.


Cryptic Writings est un album charnière : populaire, efficace, mais annonciateur de fractures internes.

Risk (1999)


Megadeth discographie

Risk est sans doute l’album le plus controversé de la carrière de Megadeth. Influencé par les tendances rock alternatif de l’époque et encouragé par le label, le groupe propose un disque largement éloigné du thrash metal.


Synthés, structures simplifiées, sonorités modernes : Megadeth tente un virage assumé, mais le résultat déroute profondément sa fanbase historique. L’album est un échec critique et commercial, malgré quelques morceaux accrocheurs.


Conséquence directe : Marty Friedman quitte le groupe, déclarant plus tard qu’il ne se reconnaissait plus dans la direction artistique. Pour beaucoup, Risk symbolise la perte de repères d’un groupe cherchant à survivre dans une industrie en mutation rapide.


Risk reste un disque incompris pour certains, mais représente surtout un point de rupture irréversible mais il reflète surtout une évolution logique dans un paysage musical en pleine mutation.




PARTIE III – 2001–2011

Chute, reconstruction et retour aux fondamentaux

À l’aube des années 2000, Megadeth est un groupe fragilisé. L’échec de Risk, le départ de Marty Friedman et l’évolution rapide de la scène metal plongent Dave Mustaine dans une période de doute profond. Pour la première fois depuis sa création, l’avenir même de Megadeth semble incertain.


The World Needs a Hero (2001)


Megadeth discographie

Après le choc Risk, Dave Mustaine tente un retour en arrière contrôlé. The World Needs a Hero se veut plus heavy, plus sombre, et surtout plus proche de l’ADN historique du groupe.


L’album marque l’arrivée du guitariste Al Pitrelli, tandis que le son se fait plus agressif sans atteindre la complexité de Rust in Peace. Les compositions alternent entre moments efficaces (“Dread and the Fugitive Mind”) et titres plus expérimentaux.


Mais en coulisses, Megadeth est à bout de souffle. Les tensions internes, l’usure mentale et les problèmes de santé de Mustaine pèsent lourdement sur le groupe.


Un album de transition, honnête mais révélateur d’un groupe en quête de repères.

2002 – La quasi-fin de Megadeth


En 2002, Dave Mustaine subit une grave blessure au bras (compression nerveuse) qui menace définitivement sa capacité à jouer de la guitare. Convaincu que sa carrière est terminée, il annonce la dissolution de Megadeth.


Le groupe semble enterré. Une compilation (Still Alive… and Well?) sortira la même année, comme un épitaphe anticipé.


Pour beaucoup, Megadeth s’arrête là.


The System Has Failed (2004)


Youthanasia (1994)

Contre toute attente, Mustaine revient. Après une longue rééducation, il décide de composer un album solo… qui finira par devenir un disque Megadeth, tant l’ADN du groupe est indissociable de son créateur.


The System Has Failed est un album très personnel, marqué par la colère, la désillusion politique (post-11 septembre) et une rage retrouvée. Musicalement, le thrash reprend le dessus, avec des riffs plus secs et un ton plus vindicatif.


L’album est bien accueilli, considéré comme un véritable retour en forme. Megadeth prouve qu’il est encore pertinent dans un paysage metal dominé par le nu-metal et le metalcore.


Un disque de renaissance, porté par la détermination de Mustaine.


United Abominations (2007)


Megadeth discographie

Avec United Abominations, Megadeth s’ancre pleinement dans les débats géopolitiques du milieu des années 2000. Les textes attaquent frontalement les institutions internationales, les conflits armés et les dérives politiques.


Musicalement, l’album marque un retour plus franc au thrash metal moderne, avec une production puissante et des morceaux incisifs. La relecture de “A Tout le Monde” en duo avec Cristina Scabbia divise les fans, mais témoigne d’une volonté d’ouverture.


Le line-up reste instable, mais Megadeth retrouve une crédibilité artistique et une visibilité importante sur la scène metal internationale.


Un album engagé, parfois excessif, mais résolument combatif.

Endgame (2009)


Megadeth discographie

Souvent considéré comme le meilleur album de Megadeth depuis les années 90, Endgame marque un véritable retour aux sources. Le duo de guitaristes Chris Broderick / Dave Mustaine apporte une technicité redoutable, tandis que la batterie se fait plus agressive.


Les compositions sont rapides, complexes, tranchantes. Endgame rappelle à beaucoup l’esprit de Rust in Peace, sans chercher à le copier.


L’album est acclamé par la critique et les fans, qui y voient la preuve que Megadeth peut encore rivaliser avec les meilleurs.


Un retour en grâce incontestable.


TH1RT3EN (2011)


Megadeth discographie

Album anniversaire, TH1RT3EN adopte une approche plus hétérogène. On y trouve des morceaux puissants, mais aussi des relectures et des titres issus de compositions plus anciennes.


Le disque reflète un Megadeth plus stable, moins dans la survie, mais aussi moins urgent que sur Endgame. Certains y voient un essoufflement, d’autres une phase de consolidation.


Un album de transition, regardant autant vers le passé que vers l’avenir.






PARTIE IV – 2013–2026

Derniers combats, reconnaissance tardive et chant du cygne


À partir de 2013, Megadeth n’a plus rien à prouver. Le groupe n’est plus dans la reconquête, mais dans la gestion de son héritage. Pourtant, cette dernière période sera loin d’être paisible : choix artistiques discutés, conflits internes majeurs, maladies, pandémie… et malgré tout, une fin de carrière marquée par un retour en grâce inattendu.


Super Collider (2013)


Megadeth discographie

Après l’excellent accueil réservé à Endgame, Super Collider surprend — et déçoit — une grande partie des fans. L’album adopte une orientation plus hard rock, avec des structures simples et un ton volontairement plus accessible.


Dave Mustaine assume ce choix, expliquant vouloir écrire des morceaux plus directs et efficaces en concert. Mais dans un contexte où le thrash metal connaît un regain d’intérêt, ce virage est mal perçu.



L’album souffre également d’une absence de cohérence globale et d’un manque d’agressivité, malgré quelques titres solides. Rapidement, Super Collider est classé parmi les disques mineurs de la discographie.


Un faux pas artistique, sans être un désastre, qui rappelle que Megadeth reste capable de décisions clivantes.

Dystopia (2016)


Megadeth discographie

Contre toute attente, Megadeth signe avec Dystopia l’un des plus grands retours de sa carrière. Le groupe intègre le guitariste Kiko Loureiro, dont l’apport technique et créatif redynamise profondément le son.


L’album est sombre, agressif, rapide, et s’inscrit clairement dans la continuité du thrash moderne. Les thèmes abordés — chaos mondial, surveillance, déshumanisation — résonnent fortement avec l’époque.


Moment symbolique : Dystopia permet enfin à Megadeth de remporter un Grammy Award en 2017, après plusieurs nominations infructueuses. Une reconnaissance tardive, mais hautement symbolique pour Dave Mustaine.


Dystopia est unanimement considéré comme un classique moderne et l’un des meilleurs albums post-2000 du groupe.

The Sick, the Dying… and the Dead! (2022)


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Cet album est marqué par un contexte particulièrement lourd. Entre la pandémie, le diagnostic de cancer de la gorge de Dave Mustaine (dont il sortira victorieux), et le renvoi du bassiste historique David Ellefson après une affaire médiatique, Megadeth traverse une tempête.


Malgré tout, The Sick, the Dying… and the Dead! est un album énergique, inspiré, et parfois étonnamment optimiste dans sa violence. Il rend hommage aux racines thrash du groupe tout en intégrant des influences plus modernes.


Suite au départ de Kiko Loureiro, la présence du guitariste Teemu Mäntysaari en tournée annonce un nouveau souffle, tandis que le groupe semble fonctionner avec une efficacité quasi militaire.


Un album de résilience, prouvant que Megadeth peut encore frapper fort, même au bord de l’épuisement.


Megadeth (2026)


Megadeth discographie

Annoncé comme le dernier album studio du groupe, Megadeth doit paraître fin janvier 2026 et marque la conclusion officielle de plus de quarante ans de carrière. Dave Mustaine a présenté ce disque comme une synthèse de l’histoire du groupe, sans pour autant livrer de détails précis sur son orientation musicale.

À ce stade, peu d’informations ont filtré concernant le contenu exact de l’album.


Le line-up actuel — Dave Mustaine, James LoMenzo, Dirk Verbeuren et Teemu Mäntysaari — est néanmoins celui qui accompagnera Megadeth pour ce dernier chapitre, aussi bien en studio que sur scène.


L’attente est forte, tant chez les fans que dans la presse spécialisée, ce disque étant perçu comme un point final symbolique plutôt que comme une tentative de renouveau. Il s’inscrit dans un contexte particulier : celui d’un groupe conscient de son héritage et de l’importance de maîtriser sa sortie de scène.



Rarement un groupe aura incarné à ce point la tension permanente entre rage, discipline et longévité. De ses débuts chaotiques à Los Angeles jusqu’à son statut de monument du metal mondial, Megadeth a traversé quatre décennies sans jamais suivre une trajectoire linéaire.


La discographie du groupe reflète cette instabilité : des chefs-d’œuvre indiscutables, des virages audacieux, des erreurs assumées et des retours en grâce spectaculaires. À travers chaque époque, une constante demeure : la vision de Dave Mustaine, compositeur obsessionnel, parfois clivant, mais toujours animé par une exigence artistique farouche.


Megadeth n’a jamais cherché la facilité ni l’unanimité. Le groupe a préféré évoluer, se confronter à son époque, parfois se perdre, plutôt que de se figer dans la nostalgie. C’est précisément cette capacité à se remettre en question — même au prix de fractures internes — qui explique sa longévité et son influence durable.


Qu’il s’agisse de thrash furieux, de metal plus accessible ou de retours brutaux aux sources, Megadeth a laissé une empreinte indélébile sur l’histoire du metal. Une discographie à explorer, à débattre, et à transmettre — bien au-delà de l’actualité d’un dernier album.


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