EXODUS – Goliath - Chronique
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20/03/2026 | 50 min | Thrash Metal | Napalm Records
TRACKLIST
3111
Hostis Humani Generis
The Changing Me
Promise You This
Goliath
Beyond The Event Horizon
2 Minutes Hate
Violence Works
Summon Of The God Unknown
The Dirtiest Of The Dozen

CHRONIQUE
Quand Exodus annonce un nouvel album, l’attente est forcément élevée. Avec Goliath, le groupe marque également le retour de Rob Dukes au chant, plusieurs années après avoir laissé sa place à Steve 'Zetro' Souza. Deux chanteurs, deux identités très différentes : là où Zetro apporte une approche plus classique du thrash, Dukes injecte une rage brute et une agressivité qui ont marqué une période particulièrement violente du groupe. Ce retour suscite donc forcément la curiosité, mais aussi des attentes.
Premier constat après une écoute complète : Goliath est un album qui demande du temps. Les compositions peuvent surprendre venant d’un groupe aussi identifiable qu’Exodus. Entre morceaux plus travaillés et titres beaucoup plus simples, l’ensemble peut paraître difficile à digérer au premier abord. Certaines sonorités nouvelles, notamment sur “The Changing Me”, "Goliath"ou "Violence Works" , brouillent un peu les pistes et obligent l’auditeur à rester concentré pour suivre l’évolution de l’album. On ne sait parfois plus vraiment où le groupe veut nous emmener.
S’il y a bien un élément qui fonctionne immédiatement, c’est la performance de Rob Dukes. Le chanteur n’a rien perdu de sa rage et de sa violence vocale. Sa voix abrasive reste parfaitement adaptée au thrash frontal d’Exodus et apporte une énergie brute à plusieurs morceaux. Son retour est clairement l’un des points forts de l’album, même si l’on aurait aimé que certaines compositions exploitent davantage cette agressivité naturelle qui faisait des albums de l’ère Dukes de véritables machines de guerre.
Autre évolution notable : Exodus ralentit parfois le tempo. Certaines compositions se révèlent particulièrement réussies et montrent un groupe qui cherche à varier ses approches. Mais d’autres titres donnent une impression plus générique et n’apportent pas grand-chose à la discographie du groupe. On sent une volonté d’explorer d’autres terrains, sans que toutes les tentatives soient réellement mémorables.
On note tout de même la prise de risque du groupe qui propose quelque chose de légèrement différent après plus de quarante ans de carrière. Peu de formations de thrash peuvent se permettre d’expérimenter tout en restant crédibles. Exodus n’a plus rien à prouver et semble vouloir avancer sans se contenter de reproduire indéfiniment la même recette, même si toutes les idées ne font pas mouche.
Impossible de parler d’Exodus sans évoquer Gary Holt, véritable pilier du groupe. Le guitariste nous a habitués à des riffs acérés et à une écriture redoutable. Sur Goliath, certains passages montrent encore son talent, mais plusieurs riffs paraissent étonnamment simples au regard de ses capacités (" 2 Minutes Hate") . Ce n’est pas un défaut rédhibitoire, mais cela donne parfois le sentiment que le groupe s’assagit légèrement avec le temps.
Goliath n’est pas un mauvais album. Il contient de bons moments et le retour de Rob Dukes reste un plaisir pour les fans de la période la plus brutale du groupe. Mais l’ensemble manque un peu de la hargne et de la furie qu’Exodus avait su retrouver ces dernières années. Un disque intéressant, parfois surprenant, mais qui ne s’imposera probablement pas comme l’un des grands classiques du groupe.



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