Predator : Badlands - Critique
- Maxime Lhuilier

- 6 nov.
- 2 min de lecture

SYNOPSIS
Dans le futur sur une planète lointaine, un jeune Predator, exclu de son clan, trouve une alliée improbable en la personne de Thia et entreprend un voyage en territoire hostile, à la recherche de l'adversaire ultime.

05/10/2025 | 1H47 | Science Fiction | Dan Trachtenberg
CRITIQUE
Après un Prey post-Covid aussi surprenant que frustrant par sa sortie exclusivement sur Disney+, quel plaisir de retrouver enfin le Predator sur grand écran ! Predator : Badlands signe le grand retour du chasseur au cinéma, dans une proposition audacieuse qui choisit cette fois d’adopter un point de vue inattendu : celui du monstre lui-même.
Dès les premières minutes, le ton est donné : ici, les humains ne sont plus les héros. Ce changement de perspective, centré sur la vie, la culture et la psyché du Predator, apporte un vent de fraîcheur à une saga souvent répétitive. L’introduction de Thia, androïde synthétique et complice improbable du chasseur, donne lieu à une relation singulière, presque touchante, entre deux êtres à la fois mécaniques et profondément seuls.

Mais si cette approche narrative a le mérite de tenter autre chose, elle dénature par moments la nature même du Predator. Là où l’on attendait la brutalité froide d’un chasseur implacable, Badlands glisse vers un ton de buddy movie sci-fi. C’est amusant, surprenant parfois, mais les fans de la première heure risquent de grincer des dents en voyant leur monstre iconique doté d’émotions et d’un sens moral naissant. La tension primitive des premiers opus laisse place à une aventure plus introspective et, par moments, un peu trop « humaine ».
Visuellement, en revanche, le film en impose. Les décors de Badlands sont magnifiquement filmés, et les effets spéciaux donnent vie à une créature d’un réalisme saisissant. Chaque plan semble pensé pour redonner sa majesté au Predator, et le travail des CGI permet d’insuffler une vraie expressivité à son visage — un paradoxe ironique, quand on reproche justement au film de lui en donner trop.

Predator : Badlands est une relecture audacieuse, visuellement splendide, mais narrativement déroutante. En humanisant le chasseur, le film sacrifie une partie de la terreur qui faisait la force de la franchise. Reste une œuvre curieuse et atypique, qui divise mais ne laisse pas indifférent.








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